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30.06.2008

Deux massages par semaine

J’ai terminé ma séance d’entraînement, et je file au massage. On a une salle réservée pour cela au sein du vélodrome. On y va deux fois par semaine. C’est le kiné, Philippe Pédot, qui, s’occupant au sein de la FFC du Pôle de Hyères et accompagnant aussi les vététistes en compétition, nous fait ces séances. C’est un moment de décontraction, de convivialité aussi. Benoît Vêtu nous rejoint également durant ces moment. On parle alors de tout et de rien tous ensemble. On a besoin de se faire masser au niveau du dos et des jambes car après les entraînements, ces membres sont très contractés. Et plus on se rapproche de l’objectif, plus les séances de massages augmentent en fréquence.

Cela dure en règle générale entre trois quarts d’heure et une heure. Le type de massage pratiqué dépend en fait de la demande des coureurs. Il m’arrive de réclamer à Philippe Pédot des massages légers, ou alors si je sens des contractures dans les ischios, les mollets ou au niveau des lombaires, je l'incite à ce qu'il “rentre” un peu plus dans le muscle. C’est un peu à la demande, au ressenti du moment également et lui s’adapte à nos souhaits. Il nous connaît très bien en plus. Pour ma part, cela fait dix ans qu’il me masse. On a aussi un sauna au vélodrome, mais on ne l’utilise pas souvent. J’en ai fais deux ou trois fois au grand maximum cette saison. On l’utilisera en plus de moins en moins ces prochaines semaines car il fait chaud maintenant. L’été s’est installé. Il fait entre trente et trente deux degrés sur le vélodrome de Hyères.

C’est bien, comme cela on va s’habituer très vite aux températures qui vont nous attendre à Pékin. Il n’y aura pas trop de décalage visiblement à ce niveau-là. Est-ce que cette arrivée de l’été me permet de m’affûter un peu plus vite ? Je dirais non, car mon poids ne varie guère d’une saison sur l’autre. Je fais le même poids en hiver qu’en été.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec les hausses de température que l’on connaît depuis une semaine, les sprints vont plus vite. On a de meilleures sensations sur le vélo. La piste aussi est sèche. Elle a un meilleur rendement, alors qu’en hiver avec l’humidité, elle est parfois molle et humide et c’est beaucoup plus dur de rouler dessus. Là, il fait bon : on est en cuissard court et maillot court. C’est plus agréable que lorsqu’on roule avec cuissards et maillots longs. Mais comme il fait très chaud, il ne faut surtout pas oublier de boire souvent, de manger aussi, même si on n’a pas faim, car avec cette forte chaleur on peut très vite se déshydrater.

20.06.2008

Pas de régime

Je ne fais pas de régime alimentaire. Je veille juste à manger des aliments variés, à prendre, en somme, des repas les plus équilibrés possibles en alternant entre les protéines, les légumes, les fruits, les féculents et les produits laitiers. Le riz et les pâtes, comme tous les cyclistes, font partie de ma base alimentaire, car ce sont des sucres lents. Je mange des aliments sains, tout en portant une limite sur ceux qui contiennent des sucres rapides et des corps gras. J’évite par exemple les gâteaux, même s'il m’arrive, de temps en temps, d’en manger pour me faire plaisir.

C’est une forme de parenthèse dans mon alimentation. Un plaisir, une forme d’écart que je m’autorise de temps en temps. C’est important de fonctionner de la sorte, car ainsi, je ne me prive de rien. Il m’arrive de me lâcher, d’aller faire un resto de temps à autre aussi. Mais en règle générale, j’évite les excès. Je sais me montrer très raisonnable. Je mange de tout, certaines choses en plus petites quantités que d’autres. Je peux prendre des frites, une part de tarte ou une pizza quand je sors, mais c’est ensuite gommé avec un repas plus équilibré dans la foulée. Mon péché mignon à moi, c’est de manger une fois par semaine un peu de chocolat. Il s’agit là de mon petit plaisir.

Les aliments qui sont difficiles à digérer, j’évite aussi de les manger avant d’aller m’entraîner. Je ne fais jamais d’écart avant d’aller rouler par exemple. C’est plus le week-end, ou le soir. Mais jamais le matin ou pour le déjeuner, pour ne pas être mal, ballonné à l’entraînement. Ce qui est important pour ne jamais se lasser de tel ou tel aliment, c’est de varier au maximum, entre viandes rouges, blanches et poissons, les légumes, les fruits.

L’alimentation joue un rôle non négligeable dans un sport comme le cyclisme, c’est un domaine auquel il convient de faire attention. Je mange comme cela depuis des années, et je pense que je continuerai à faire de la sorte même après ma carrière. C’est devenu chez moi une habitude, une hygiène de vie. Je n’y fais pas attention, c’est naturel. C’est pour cela que c’est tout sauf une contrainte. Cela en devient même un véritable plaisir de manger de manière équilibrée. À la maison, c’est moi qui cuisine parfois. Je fais cuire la viande, le riz et les pâtes. Et pour les plats un peu plus évolués, c’est ma compagne Aurélie qui les élabore.

13.06.2008

J'échange beaucoup avec Benoît Vêtu

Quand je suis arrivé au Pôle France de Hyères, Benoît Vêtu en partait comme coureur. On s’est croisé, en fait, lui et moi à cette époque là. J’ai appris à le connaitre vraiment en 2005 quand il est devenu entraineur national du sprint au Pôle France de Hyères. Le courant est tout de suite passé entre nous. Il n’y a pas eu besoin de période d’adaptation. On a beaucoup dialogué, échangé au début.

Je lui ai dit ce que je faisais à l’entraînement par le passé, et lui m’a dit ce qu’il comptait faire. Et petit à petit, on a construit ensemble l’entraînement que l’on fait actuellement. Tout cela s’est fait au fil des semaines, des mois. Benoît est une personne en plus qui s’investit beaucoup, qui possède une grande rigueur dans son travail. Il sait aussi trouver les mots pour motiver ses coursiers. C’est simple quand on arrive au vélodrome, on est toujours motivé, on sait que l’on va faire du bon boulot, car notre entraîneur est un bosseur dans l’âme.

C’est aussi quelqu’un qui sait rigoler, se détendre quand il le faut. On pique de gros fou-rires très souvent avant, pendant ou après les entraînements. C’est bien d’être pro dans son approche du métier, mais il convient aussi parfois d’ouvrir certaines soupapes, de pouvoir rire pour s’échapper. Ces moments de franches rigolades détendent tout le monde, et après on peut replonger efficacement dans le boulot.

Ce qui est bien aussi avec Benoît Vêtu, c’est que l’on peut parler tout autant de cyclisme que d’autres sujets avec lui. C’est vraiment quelqu’un de très intelligent, ouvert sur pleins de sujets, y compris en dehors du sport. C’est un réel plaisir que de travailler en sa compagnie. Il est présent sur les compétitions avec nous depuis 2007. Il n’était pas à nos côtés lors des Championnats du monde 2006 à Bordeaux. On s’était senti seul sur ce Mondial, comme un peu livrés à nous mêmes. Les choses ont changé depuis. Un athlète de toute manière a besoin d’être proche de son entraineur, de l’avoir à ses côtés. On forme en fait un vrai binôme avec lui...

09.06.2008

L’important, c’est dans deux mois

Je n’étais pas très bien au Grand Prix de Saint Denis, et c’était pareil lors de la finale du Trophée du Sprint Fenioux à Lyon. On fait de grosses séances en ce moment à l’entraînement, beaucoup de musculation et je ne suis pas super bien en compétition. L’objectif c’est Pékin, et je suis à 100% dedans. J’ai du mal à trouver la motivation pour les autres courses. L’important c’est vraiment dans deux mois, pas maintenant. Je ne doute pas du tout, même si je ne marche pas très bien mais cela ne me fait aucunement gamberger. J’ai déjà connu de telles situations, des jours sans comme cela m’arrive en ce moment au cours de ma carrière que ce soit sur un entraînement ou en compétition, comme cette année sur la Coupe du Monde de Los Angeles.

Je pense en plus qu’inconsciemment je ne suis pas arrivé à me libérer que ce soit à Saint-Denis ou ici à Lyon. J’arrive en plus sur ces courses bien entamé physiquement avec de grosses charges de travail derrière moi. Mais comme je suis un compétiteur bien évidemment cela ne me fait pas plaisir de me faire battre en matches, de faire des deux cents mètres lancés d’un niveau qui n’est pas le mien habituellement. Mais il faut l’accepter, c’est comme cela. Je vais en tout cas continuer à travailler en fonction du programme que l’on s’est fixé avec Benoît Vêtu afin que j’arrive au top de ma forme au mois d’août.

On me demande souvent de mettre des termes sur de mauvaises sensations. Alors je vais essayer de définir ce qu’est une mauvaise sensation, c’est lorsqu’on est dans un état de fatigue générale après de gros entraînements, on manque de force, de coordination dans nos mouvements. On ne va pas vite, on manque d’accélération. C’est un tout en fait. Ma prochaine compétition se sera comme tous les autres pistards, sélectionnés Olympiques ou pas, les Championnats de France au début du mois d’août à Hyères. Ce sera une course qui bien entendu sera plus importante qu’un Grand Prix de Saint Denis ou une manche du Trophée Fenioux, même si je ne mésestime pas cette épreuve qui est parrainée depuis des années par Christian Fenioux, un véritable mécène de la piste.

Les championnats de France marqueront la fin d’une grosse préparation. J’aurais un niveau de forme qui me permettra d’être là, mais cela restera un objectif moins prioritaire que Pékin, juste un bon test à un mois du début des JO. Les France me permettront de fignoler les derniers détails avant Pékin. Je vais aussi les disputer sans prendre le moindre risque. Le but premier sera d’éviter la chute. Ce qui est arrivé à Didier Henriette et François Pervis en quart de finale de la vitesse à Lyon refroidi. Ils sont tous les deux tombés du haut du virage. Cela donne des sueurs froides dans le dos quand on voit cela, surtout que tous deux sont restés longtemps allongés par terre. C’est dur de voir un athlète ne pas pouvoir reprendre la compétition, et surtout que cette chute au final l’oblige à devoir tirer un trait sur toute une saison.

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