« 2008-06 | Page d'accueil | 2008-08 »

29.07.2008

En condition réelle

Le stage de Hyères touche à sa fin. Il s’est très, très bien passé. On va faire cet après-midi un dernier entraînement pour la vitesse par équipes où la séance de travail sera une nouvelle fois basée sur le départ. Sauf que cette fois-ci, on va la faire en condition réelle, c’est-à-dire avec les roues, le vélo et les braquets de course. On ne va pas faire des tonnes et des tonnes de départs, juste deux ou trois tests pour prendre une dernière fois nos repères.

La semaine s’est vraiment bien passée. Les gars de l’INSEP ont fait le programme que leur avait concocté Florian Rousseau, et de notre côté, nous avons suivis les plans d’entraînement de Benoît Vêtu. Rien ne sert de tout modifier, comme je l’ai déjà dit, si prêt de l’échéance. Il faut continuer à bosser comme on en a l’habitude. L’ambiance de ce stage, en tout cas, était bonne, on a très bien travaillé. Je pense aux Jeux, c’est évident. Mais ce sera encore plus fort quand on sera véritablement dans le bain. La pression alors montera de plusieurs crans quand nous serons enfin à Pékin. Avant, ce n’est pas la peine de s’en faire toute une montagne.

Daniel Morelon, qui est le directeur du vélodrome de Hyères, mais aussi l’entraîneur de l’équipe de vitesse chinoise pour ces Jeux, est déjà sur place. Il est parti vendredi dernier. Il ne logera pas avec nous au village Olympique, mais vivra avec ses athlètes au vélodrome, dans les appartements qui sont attenants à cette structure. C’est là que nous avions logé, nous aussi, au cours de la manche de Coupe du Monde cet hiver. Je ne sais pas combien de coureurs sont partis avec lui.

Dans cette équipe chinoise, je ne connais que Guo Shang, et encore... Je la vois tous les jours car elle s’entraîne ici dans le Var sous les ordres de Daniel Morelon. Je sais qu’elle parle très bien le Français, car elle a été longtemps en Suisse, au Centre Mondial du Cyclisme, à Aigle, structure qui est placée sous l’égide de l’Union Cycliste Internationale. Mais je ne lui ai jamais vraiment parlé. On se croise juste en fait au vélodrome avec les sprinteurs chinois, car ils ont piste le matin et musculation l’après-midi. Ce qui est exactement l’inverse de nous.

25.07.2008

On est tous solidaires

Le stage avec l’équipe de France Olympique à Hyères se passe super bien. On s’est entraîné pour la vitesse par équipes, tous ensembles. On a bossé le départ arrêté. Il y a un très bon état d’esprit entre nous, un bon esprit d’équipe. Il y a trois titulaires en vitesse par équipes et un remplaçant. On sait tous qu’il n’y a que que trois coureurs qui seront sur le podium si on fait un bon résultat à Pékin, mais ce sera l’oeuvre d’un groupe de quatre. C’est sûr qu’il y aura un déçu au final, mais c’est la loi du sport, et tout le monde l’accepte. Je joue le jeu, sans arrières pensées.

On est concentré à quatre, et on oubliera pas celui qui ne sera pas de la “fête” puisque cela sera le cas. C’est super de fonctionner de la sorte, pour la nation, pour le groupe. La seule envie est d’aller de l’avant et de faire au mieux. Il n’y a personne qui fait ses petits calculs dans son coin pour essayer d’être dans l’équipe. Les règles sont claires, définies. On est uni. C’est bon d’aborder la compétition ainsi.

On va s’entraîner à quatre, se préparer à quatre. C’est comme cela. On a d’ailleurs tous mangés au restaurant à Hyères où l'on retrouve les coureurs licenciés d'Hyères et ceux de l'INSEP. C’était un repas sympa, avec le staff des deux groupes. Cela nous a permis de resserrer encore les liens avant les Jeux de Pékin. On passera du temps ensemble en Chine c’est certain. Mais là, on a pu tous passer un moment sans le stress lié à la compétition, et c’était très agréable.

21.07.2008

Bos m’a fait réfléchir

Quand ai-je utilisé pour la première fois de ma carrière de gros braquets en vitesse ? C’était il y a trois ans, après les championnats du Monde de Bordeaux en 2006. Je me suis dit en voyant Bos que quelque chose n’allait pas sur cette compétition. J’avais dans l’idée que Mc Lean et Bos mettaient pus gros que nous sur les courses, j’en ai eu la confirmation sur cette épreuve. Ce n’était pas normal qu’il fasse de tels numéros comme cela, et que nous on n’existe pas, ou quasiment pas, face à lui.

On en a parlé avec Benoît Vêtu. C’est à partir de ce moment-là qu’en équipe de France, on a commencé à mettre plus gros, et aujourd’hui tout le monde suit ce processus que ce soit les juniors, les Espoirs ou les Élites. Personne n’y échappe. Mais, on ne peut pas débarquer comme cela de but en blanc sur une compétition avec de gros braquets. Il faut travailler cet effort à l’entraînement pour pouvoir emmener ce braquet.

Tirer gros, ce n’est pas non plus la recette miracle, la garantie du succès assuré. Cela nous a juste permis de rattraper notre retard par rapport à certains adversaires, de ne plus être dubitatifs comme on l’était à Bordeaux par rapport à certains de nos concurrents. On assiste avec ces gros braquets à des sprints beaucoup plus "emmenés". On lance désormais de plus loin. Il y a un peu moins de vélocité chez les sprinteurs. Les courses se gagnent plus en force, les sprints sont plus longs. Il n’y a qu’à regarder Hoy en vitesse pour voir comment il emmène ses sprints. Je pense d’ailleurs qu’actuellement, c’est lui qui met le plus gros, vient ensuite, sans doute, le néerlandais Théo Bos.

Je ne pense pas qu’il va y avoir de limites dans cette recherche. Cela va même, à mon avis, continuer à évoluer dans le futur. Qui aurait pu imaginer il y a dix ans que nous utiliserions des braquets qui s’approchent de ceux utilisés sur la route ? C’était impensable. Ce qui est bien dans cette évolution c’est que cela démontre que notre sport est en mouvement, en recherche. Que l’on n’est pas figé sur nos connaissances passées. Il n’y a pas de raison pour que cela ne continue pas à évoluer. L’autre grand atout de ces braquets, c’est que les temps aux deux cents mètres lancés ont aussi progressé. On voit que l’on va plus vite. Et cela aussi c’est quelque chose de sympa.

11.07.2008

Un groupe restreint

J’ai repris l’entraînement aujourd’hui. Je suis allé rouler pendant une heure sur la route. Les touristes sont arrivés sur la Côte d’Azur, mais j’évite les endroits trop surpeuplés, avec beaucoup de voitures. Je ne vais pas, par exemple, m’aventurer en bord de plages avec mon vélo. C’est mission impossible à cette période de la saison. Je connais des routes plus tranquilles, beaucoup moins encombrées.
Je me suis reposé trois jours après les France. J’ai pu profiter un peu de mon fils Théo, né le samedi avant l’organisation des Championnats de France. C’était de bons moments, sympas, intenses. L’arrivée de mon premier enfant ne me perturbe pas. Mon fils ne me réveille pas la nuit. Je ne peux pas me le permettre en plus en cette année des Jeux. C’est ma compagne qui s’en occupe, il ne se réveille qu’une seule fois durant la nuit. J’en profiterai beaucoup plus après Pékin. Je vais me rattraper à fond.
Cette après-midi, nous allons rouler sur la piste de Hyères. Tout le monde est parti. Les France sont terminés depuis deux jours maintenant. On va retrouver la piste comme on la connaît tout au long de l’année, c’est-à-dire vide, sans autres coureurs que nous, sans spectateurs aussi. On ne sera que les trois sélectionnés pour les Jeux, c’est-à-dire Kévin Sireau, Clara Sanchez et moi, plus quelques jeunes qui participeront au mois de septembre aux Championnats d’Europe Espoirs sur piste.

Les séances seront assez légères. Le plus gros du travail a été effectué avant les Championnats de France, et durant cette épreuve aussi, car elle entrait également dans le cadre de notre préparation pour Pékin. On va faire des entraînements pour affiner notre forme jusqu’au départ pour les Jeux. Ce sera du fignolage avant tout. On va commencer cette après-midi par faire des séries de sprint derrière la moto, histoire que ce soit rapide et ludique sans avoir à trop taper dedans. C’est bien pour remettre en route de cette manière. Demain matin, on ira rouler sur le vélodrome même si on est samedi, on fera plus du spécifique sprint.

08.07.2008

Je me suis mal alimenté

Les championnats de France sur piste 2008 sont finis pour moi. J’ai battu le record de France du 200 mètres lancés, en réalisant le temps de 9”894. Je me sentais bien avant cet effort, je suis fier d’avoir réalisé cet exploit. C’est le signe que la grande forme arrive, celle que j’attends depuis le début de saison pour les Jeux. Le souci, c’est qu’ ensuite lors des demi-finales de la vitesse face à Arnaud Tournant, j’ai eu gros coup de fatigue. Un énorme passage à vide. J’ai connu une forme d’hypoglycémie.

Je pense que je me suis mal alimenté avant la course. Je n’ai pas réussi à récupérer des efforts que j’avais consentis la veille sur le 200. Ça n’allait pas du tout. C’est dur à vivre. Je lance sur la première manche face à Arnaud, je viens “l’empaqueter”, j’ai un vélo d’avance et après sur la fin du sprint je coince. Je n’avance plus de la même manière. Mes autres sprints ont tous ensuite été du même acabit, même si je réussis à remporter la médaille de bronze face à Mickaël d’Almeida. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait.

Ce manque de force sur une compétition, je l’ai déjà connu au cours de ma carrière. J’ai vécu des moments identiques lors des Championnats du Monde sur piste 2006 en France, sur le vélodrome de Bordeaux-Lac, une autre fois en Coupe du Monde aussi. C’est dommage, mais j’ai parfois du mal à m’alimenter avant une course, surtout ici parce qu’il faisait chaud. Je me force à manger. Et ce n’est pas évident.

Le tournoi de keirin des France me laisse aussi sur ma fin. La finale a été chaude, dangereuse. Il y a eu une vague. On a eu de la chance de ne pas tomber, ce qui aurait pu être dramatique aussi prêt des Jeux pour Arnaud Tournant ou moi-même. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement devant moi, car j’étais concentré totalement sur la course, la seule chose que j’ai vu, c’est qu’à un moment donné je me suis retrouvé à monter jusqu’à la balustrade. Et quand on doit faire un tel écart alors que quelques secondes auparavant on était en lice pour disputer la victoire, une médaille, c’est qu’il y a eu forcément un problème quelque part. Peut-être que certains ont fait n’importe quoi...

Toutes les notes